DA 2D — Méthode des Dipôles avec Fluorescence¶
Introduction¶
On étend ici la résolution 2D par dipôles (voir DA 2D — Méthode des Dipôles sans Fluorescence) au cas fluorescent. La source d’excitation est un faisceau collimaté ponctuel \(F_0\,e^{-\mu_{tx} z}\,\delta^{(2)}(\boldsymbol{\rho})\). Le terme source d’émission comprend deux contributions : les photons diffus \(\Phi_x\) et les photons balistiques \(F_0 e^{-\mu_{tx}z}\) qui peuvent tous deux exciter les fluorophores.
Système d’Équations de Diffusion 2D¶
Excitation :
avec \(\mu_{ax}^\text{tot} = \mu_{ax}+\mu_{af}\), \(D_x = 1/[3\,\mu_{tx}]\), \(\delta_x = \sqrt{D_x/\mu_{ax}^\text{tot}}\), \(z_{0x} = 1/\mu_{tx}\).
Émission (CW) :
avec \(D_m = 1/[3(\mu_{am}+\mu_{sm}')]\), \(\delta_m = \sqrt{D_m/\mu_{am}}\).
Le terme source comprend deux contributions :
\(\eta\,\mu_{af}\,\Phi_x(\rho,z)\) — excitation par les photons diffus
\(\eta\,\mu_{af}\,F_0\,e^{-\mu_{tx} z}\,\delta^{(2)}(\boldsymbol{\rho})\) — excitation par les photons balistiques
Résolution — Champ d’Excitation¶
Par l’approximation dipôlaire \(\mu_{tx}\,e^{-\mu_{tx} z'} \approx \delta(z'-z_{0x})\) (voir DA 2D — Méthode des Dipôles sans Fluorescence), la solution est :
avec \(\rho_{x+} = \sqrt{\rho^2+(z-z_{0x})^2}\) et \(\rho_{x-} = \sqrt{\rho^2+(z+z_{0x}+2z_{bx})^2}\).
Résolution — Champ d’Émission¶
Par linéarité, on décompose \(\Phi_m = \Phi_m^\text{balist} + \Phi_m^\text{diff}\).
Contribution balistique \(\Phi_m^\text{balist}\)¶
Le terme source \(\eta\,\mu_{af}\,F_0\,e^{-\mu_{tx} z}\,\delta^{(2)}(\boldsymbol{\rho})\) est une source axiale exponentielle. Par l’approximation dipôlaire en \(z_{0x}\), propagée dans le milieu d’émission (\(\delta_m\), \(z_{bm}\)) :
avec \(\rho_{m+} = \sqrt{\rho^2+(z-z_{0x})^2}\) et \(\rho_{m-} = \sqrt{\rho^2+(z+z_{0x}+2z_{bm})^2}\).
Note
\(\Phi_m^\text{balist}\) et \(\Phi_x\) ont la même source géométrique (\(z_{0x}\)), mais se propagent avec les propriétés optiques du milieu d’émission (\(\delta_m\), \(z_{bm}\)) et non d’excitation.
Contribution diffuse \(\Phi_m^\text{diff}\)¶
L’émission de fluorescence étant isotrope, chaque point source \((\rho_0,z_0)\) rayonne de façon égale dans toutes les directions : le terme source de l’équation d’émission est un scalaire sans dépendance angulaire. Combiné à la symétrie cylindrique de la géométrie, cela permet d’écrire directement la Green en coordonnées cylindriques \((\rho,z)\).
Fonction de Green cylindrique \(\mathcal{G}_m\)¶
La Green cylindrique \(\mathcal{G}_m(\rho,z;\rho_0,z_0)\) est la solution de l’équation de diffusion azimutalement symétrique avec source annulaire unitaire en \((\rho_0,z_0)\) :
avec la condition aux limites extrapolée \(\mathcal{G}_m(\rho,-z_{bm};\rho_0,z_0)=0\).
Note
Le facteur \(1/\rho_0\) au membre de droite provient de la forme de la mesure en coordonnées cylindriques : une source annulaire de puissance unitaire en \((\rho_0,z_0)\) s’écrit \(\delta(\rho-\rho_0)\delta(z-z_0)/(2\pi\rho_0)\) intégrée sur \(2\pi\) en \(\phi\).
Par la transformée de Hankel d’ordre 0 en \(\rho\) (qui diagonalise l’opérateur \(\frac{1}{\rho}\partial_\rho(\rho\partial_\rho)\)), \(\mathcal{G}_m\) admet la représentation :
Intégrale de convolution cylindrique¶
La solution s’écrit alors comme une convolution dans le demi-plan \((\rho,z)\) :
Solution
En substituant la représentation de Hankel de \(\mathcal{G}_m\) et en intervertissant les intégrations (Fubini) :
On reconnaît la transformée de Hankel inverse de \(\tilde{\Phi}_m^\text{diff}\).
Résultat dans l’espace de Fourier–Hankel :
\(\tilde{\Phi}_x(s_r,z_0)\) est la transformée de Hankel de \(\Phi_x(\cdot,z_0)\), donnée par DA 2D — Méthode de Kienle sans Fluorescence (Fréquences Spatiales). Cette intégrale 1D en \(z_0\) est calculée analytiquement dans la méthode de Kienle (DA 2D — Méthode de Kienle avec Fluorescence (Fréquences Spatiales)). Le retour en espace réel s’effectue par transformée de Hankel inverse :
Solution Totale¶
Réflectance de Fluorescence en \(z = 0\)¶
La réflectance (flux sortant en \(-z\)) est :
car \(\partial_z\Phi_m|_{z=0} > 0\) (la fluence croît de la surface vers la source).
Noyau de réflectance cylindrique \(\mathcal{K}_m\)¶
En passant la dérivée sous l’intégrale de convolution :
Le noyau \(\mathcal{K}_m\) est la dérivée en \(z=0\) de la Green cylindrique. En dérivant terme à terme l’intégrale azimutale de \(\mathcal{G}_m\), avec
et \(\dfrac{\partial}{\partial z}\dfrac{e^{-R/\delta}}{R} = \dfrac{\partial R}{\partial z}\left(-\dfrac{1}{\delta R}-\dfrac{1}{R^2}\right)e^{-R/\delta}\), on obtient :
avec les distances source–observation en \(z=0\) :
L’intégrale azimutale sur \(\phi_0\) ne se simplifie pas en général (intégrales elliptiques pour \(\rho_0\neq 0\)) ; elle est évaluée numériquement.
Note
Pour \(\rho_0=0\) (source sur l’axe), \(R_\pm\) est indépendant de \(\phi_0\) et l’intégrale donne \(2\pi\), ce qui redonne exactement le noyau de \(R_m^\text{balist}\) ci-dessous.
Réflectance balistique¶
La source balistique est sur l’axe (\(\rho_0=0\), \(z_0=z_{0x}\)), l’intégrale azimutale vaut \(2\pi\) et on applique l’approximation \(\mu_{tx}\,e^{-\mu_{tx}z_0}\approx\delta(z_0-z_{0x})\) :
avec \(\rho_{m+} = \sqrt{\rho^2+z_{0x}^2}\), \(\rho_{m-} = \sqrt{\rho^2+(z_{0x}+2z_{bm})^2}\).
Réflectance diffuse¶
La réflectance diffuse complète est une double intégrale en espace réel :
\(\Phi_x(\rho_0,z_0)\) est donné par phi_x. La réflectance totale est :
C’est la grandeur inversée en FDOT pour reconstruire \(\mu_{af}(\rho_0,z_0)\).
Extension Temporelle¶
En régime temporel, l’équation d’émission devient :
En domaine de Laplace (\(s = j\omega\)), le terme source devient \(\frac{\eta\,\mu_{af}}{1+s\tau_f}\!\left[\tilde\Phi_x + F_0\,e^{-\mu_{tx}z}\,\delta^{(2)}\right]\), et l’on remplace \(\mu_a \leftarrow \mu_a + s/c\) dans chaque équation.
See also
DA 1D — Méthode des Dipôles avec Fluorescence — cas 1D fluorescent plus simple.
DA 2D — Méthode des Dipôles sans Fluorescence — cas 2D sans fluorescence.
DA 2D — Méthode de Kienle avec Fluorescence (Fréquences Spatiales) — résolution analytique fermée via fréquences spatiales.