Approximation de la Diffusion¶
Introduction¶
Dans un milieu optiquement épais et fortement diffusant (\(\mu_s' \gg \mu_a\), \(\tau \gg 1\)), les photons subissent un très grand nombre de diffusions avant de s’échapper. Le champ devient presque isotrope et la dépendance angulaire de \(I(\mathbf{r},\hat{\mathbf{n}},t)\) peut être réduite à ses deux premiers moments. L’ETR se simplifie alors en une équation de diffusion scalaire pour la fluence \(\Phi(\mathbf{r},t)\).
Développement \(P_1\) — Fermeture d’Eddington¶
À l’ordre 1 en harmoniques sphériques, l’intensité spécifique s’écrit :
La fonction de phase de Henyey–Greenstein tronquée à l’ordre 1 donne \(p \approx 1 + 3g(\hat{\mathbf{n}}'\cdot\hat{\mathbf{n}})\). La fermeture d’Eddington associée est :
exacte pour un champ isotrope, avec une erreur d’ordre \(O\!\left(\sqrt{\mu_a/\mu_s'}\right)\).
En injectant dans les équations de moments (voir Établissement de l’Équation du Transfert Radiatif) :
Loi de Fick et Équation de Diffusion¶
Dans le régime quasi-statique (\(\frac{1}{c}\partial_t\mathbf{J} \ll \mu_t'\mathbf{J}\)), la deuxième équation donne la loi de Fick :
avec le coefficient de diffusion :
En substituant dans l’équation d’énergie, on obtient l’équation de diffusion :
En milieu homogène et en régime stationnaire, elle se réduit à l’équation de Helmholtz modifiée \(-D\,\nabla^2\Phi + \mu_a\,\Phi = S\), avec \(k^2 = \mu_a/D\).
La longueur de diffusion est :
Elle représente l’échelle de décroissance exponentielle de la fluence en l’absence de source. Pour un tissu typique (\(\mu_a = 0{,}1\) cm\(^{-1}\), \(\mu_s' = 10\) cm\(^{-1}\)) : \(\delta \approx 0{,}58\) cm.
Conditions aux Limites¶
L’approximation de diffusion ne peut pas imposer exactement la nullité du flux entrant à l’interface. On la remplace par une condition de Dirichlet extrapolée au plan \(z = -z_b\) situé à l’extérieur du milieu :
Le coefficient \(A\) tient compte de la réflexion interne de Fresnel à l’interface d’indice \(n\) :
Pour \(n = 1{,}4\) (tissu) : \(A \approx 3{,}84\), soit \(z_b \approx 2{,}56\,D\). Pour \(n = 1\) (pas de désaccord d’indice) : \(A = 1\), \(z_b = 2D\).
Extension au Régime Fréquentiel¶
Pour une source modulée à la pulsation \(\omega\), la fluence s’écrit \(\Phi(\mathbf{r},t) = \tilde\Phi(\mathbf{r})\,e^{-j\omega t}\) et l’équation devient :
avec le coefficient d’atténuation effectif complexe :
dont la partie réelle donne l’atténuation spatiale et la partie imaginaire le déphasage. En régime continu (\(\omega = 0\)) : \(k_0 = 1/\delta\).
Domaine de Validité¶
L’approximation de diffusion est valide si :
\(\mu_s' \gg \mu_a\) (typiquement un facteur 10)
\(r \gtrsim 3\,\ell^* = 3/\mu_t'\) (loin des sources et surfaces)
\(\omega \ll c\,\mu_t'\) (variation temporelle lente)
Elle est invalide au voisinage des sources ponctuelles (\(r \lesssim \ell^*\)), des interfaces, des régions à forte absorption (\(\mu_a \gtrsim \mu_s'\)) et des vides optiques. La méthode DOM (voir Méthode DOM 1D (Chandrasekhar) sans Fluorescence) ne requiert pas ces hypothèses.
See also
DA 1D — Méthode des Dipôles sans Fluorescence — résolution 1D par méthode des dipôles.
DA 2D — Méthode des Dipôles sans Fluorescence — résolution 2D par méthode des dipôles.
DA 2D — Méthode de Kienle sans Fluorescence (Fréquences Spatiales) — résolution 2D par fréquences spatiales.